- 11 -  posté le lundi 14 avril 2008 13:53

 




Miranda



    Je garai la voiture devant le logement de ma fille, qu'elle partageait avec son fiancé Samuel.

    Selon moi, Milly n'avait pas compris pourquoi exactement j'avais insisté pour que nous passions cette soirée toutes les deux, seules. Nous n'avions jamais réellement eu de véritable relation mère-fille. Je me devais de reconnaître que j'avais plusieurs fois été infecte avec elle. Je ne me rendais pas compte du mal que je lui faisais. Je ne savais pas pourquoi tout au long de son innoncente existence je m'étais comportée de la sorte avec elle. Depuis toujours je trouvais le moyen de lui faire comprendre qu'elle m'agaçait, qu'elle était de trop. Elle avait toujours blâmé que son frère Callum était mon préféré. Elle n'avait peut être pas eu tort. A une époque, je crois que ce que j'éprouvais pour elle était tout sauf un amour sain. Je pense que le fait qu'elle avait été un accident a joué énormément dans ma conduite, qui, je m'en rendais compte aujourd'hui, ne serait propablement jamais pardonnable. Mais elle et moi savions qu'il y avait une raison toute autre derrière tout cela. Elle connaissait mon secret. Et surtout, elle s'en était toujours servi contre moi depuis l'âge où elle eut le courage de combattre avec moi dans cette joute permanente qui rythmait notre quotidien. Aujourd'hui, c'était fini, mais je comprenais la rancœur qu'elle éprouvait à mon égard, et je n'aurais pas été étonnée si elle m'avait ouvertement craché au visage combien sa haine envers moi était incommensurable.

 

 

 

 


    Cette maison, par exemple. J'avais toujours trouvé le moyen de faire comprendre à ma fille que cette maison était un mauvais investissement, alors qu'en réalité je la trouvais très bien située et décorée. Son fiancé, aussi, Samuel. Quelles désobligeantes paroles avais-je osé énoncer sur ce jeune homme que je trouvais en réalité tout à fait digne de confiance. Je ne réalisais que maintenant à quel point j'avais détruit et gâché son enfance. Je me haïssais pour ce que j'avais fait subir à ma fille. Je me haïssais probablement encore plus qu'elle me haïssait. Je n'étais qu'une égoïste, une véritable vipère. Au lieu de me détruire seule et de ne gâcher ainsi que ma propre existence, j'avais détruit la vie d'autrui. La vie de ma fille. Mais comment avais-je pu la faire tant souffrir ?

 

 

 

 


    J'en étais arrivée à un point où le simple fait de regarder mon reflet dans la glace me dégoûtait. A première vue, j'y distinguais un visage dont les traits si beaux auparavant étaient aujourd'hui déformés pas le temps. Oui, à première vue, j'y voyais une femme qui semblait tout à fait équilibrée. Mais quand je regardais au-delà de ces traits bien dessinés, j'y découvrais une femme détruie par son passé, qui avait tant souffert qu'elle avait déversé et partagé sa souffrance avec sa fille, sa pauvre fille. J'avais réussi à transmettre à Milly ma haine de la vie. Mais heureusement pour elle, j'avais réussi à m'en sortir, à une époque où elle était encore suffisamment jeune pour trouver une nouvelle voie. Une voie qui serait dirigée à l'opposée de la mienne. Milly avait emprunté un chemin de manière à me croiser dans sa vie le moins souvent possible.

 

 

 

 


    Parfois, souvent, quand j'étais seule devant la glace de ma salle de bains, je pleurais. Je pleurais tant que j'étais toujours surprise de constater que mon stock de larmes n'était pas épuisé. Et parfois, même, il m'arrivait de me diriger vers les médicaments rangés avec soin dans le placard mural, ou encore vers le rasoir. Je n'avais jamais trouvé le courage de passer à l'acte fatal. A cette époque où j'étais encore prisonnière de ce secret, j'aurais pu le faire. Mais plus maintenant.

 

 

 

 

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- 12 -  posté le lundi 14 avril 2008 14:00

 

 

 

    Aujourd'hui était un jour extrêmement difficile pour ma fille, qui avait sans doute dû lui rappeler le terrible épisode qui s'était produit quelques années plus tôt. Mais cette fois les rôles étaient inversés. Et je voulais la protéger. Cette soirée, il y a de cela dix ans, avait probablement été le souvenir le plus choquant et le plus douloureux de son existence. Cette soirée où il m'était arrivé cette chose épouvantable et similaire à ce qui lui était arrivé aujourd'hui. Cette soirée où j'avais failli mourir...

 

 

 

 

 


Milly



    Ce que ressentais était bien au-delà des larmes. Il y a quelques heures, une infirmière m'avait expliqué le cas dans lequel se trouvait Samuel. Et j'aurais tout imaginé, sauf ça. Samuel était amnésique. Il ne se souvenait plus de rien. Du moins, plus rien depuis les dernières années. Ainsi, il ne se souvenait plus de moi. Mon simple visage ne lui éveillait absolument aucun souvenir. Aucun. Je n'avais pas eu le courage d'aller le voir dans sa chambre. La simple idée de réaliser que mon fiancé n'avait gardé dans sa mémoire absolument aucun de nos souvenirs communs m'avait terrifiée. Les médecins m'avaient conseillé de rentrer chez moi afin de me reposer après cette éprouvante et interminable nuit. Aussitôt ma mère avait demandé à mon père de rester aux côtés de Callum tandis qu'elle veillerait sur moi. Je n'aurais jamais pu soupçonner un tel geste de sa part à mon égard. Elle qui avait toujours préféré mon frère. Elle qui m'avait toujours détestée depuis le jour où j'avais découvert son secret.

 

 

 


    Personne ne peut imaginer ce que j'ai vécu durant toutes les années de mon enfance et de ma jeunesse. Mes amies me racontaient parfois leurs après-midis shopping avec leur mère, leurs longues conversations basées sur des confidences personnelles avec leur mère, leurs instants les plus complices avec leur mère... Jamais je n'avais vécu ne serait-ce qu'une seconde de complicité avec ma mère. Si elle savait combien j'en avais souffert... C'était tout juste si j'avais droit à un bonjour le matin quand je descendais de mon lit...

 
    J'avais souffert, mais souffert... D'une souffrance incommensurable. Chaque instant je me demandais pourquoi elle agissait comme cela avec moi. Chaque instant je me creusais la mémoire avait de trouver la source de toute cette rancœur. Mais j'avais eu beau chercher et chercher, jamais je n'avais percé ce mystère. Je me disais que c'était injuste, et je ne cherchais plus davantage. Si mon père n'avait pas passé toute sa vie à travailler pour "affaires", j'aurais cherché du réconfort auprès de lui. Mais la seule personne qui me restait était mon frère, Callum. Je le jalousais pourtant d'une force démesurée. Mais c'était le seul auprès de qui je me sentais aimée.

 

 

 


    J'avais pourtant été une jeune fille très sage et j'avais à maintes reprises prouvé ma gentillesse. Mais ça avait toujours été mon frère, mon frère, encore mon frère, et toujours mon frère... Callum l'enfant parfait, Callum le jeune garçon intelligent, Callum le modèle exemplaire pour sa cadette Milly...


      Mais un jour, j'avais percé à jour son ignoble secret. Cette chose, immonde, qui commandait tous ses faits et gestes et qui accaparait nuit et jour ses pensées... Il m'était impossible de décrire le choc qui m'envahit lorsque je découvris ce secret. Ce fut horrible. Mais cette découverte malsaine m'avait au moins servi à une chose : ma mère ne pouvait plus rien me reprocher à partir de ce jour, car sinon elle savait que j'aurais été capable de révéler au grand jour ce qu'elle cachait.

 

 

 

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- 13 -  posté le lundi 14 avril 2008 14:05

 

 

 

    Heureusement pour moi, j'avais trouvé ma bouée de sauvetage, mon issue de secours dans cette horrible prison qu'était mon quotidien. C'était Samuel. Il avait su me redonner la joie de vivre et me prouver que j'étais importante aux yeux d'au moins une personne. Mais je venais de le perdre aujourd'hui. Je ne pouvais pas le forcer à se marier avec moi, il ne me connaissait plus.
    On aurait dit que le sort s'acharnait sur moi, que le destin se plaisait à détruire à petits feux ma vie par d'immondes rebondissements.

    La rancœur se dressait entre ma mère et moi telle une forte muraille indestructible. Indestructible, sauf si je me décidais à signer le contrat de démolition. Mais j'aimais avoir ce pouvoir et ce contrôle des choses. Ma mère avait tenté à maintes reprises de briser cette barrière qui nous opposait, mais seule moi pouvait en décider, et je n'avais jamais accepté la moindre entraille à celle-ci. J'aurais peut-être apprécié renouer des liens avec ma mère, mais je ne parvenais pas à la pardonner. C'était au dessus de mes forces.

 

 

 

 


    Ma mère brisa le silence qui s'était installé à mon grand plaisir dans la voiture depuis qu'elle avait éteint le moteur du véhicule :
    - Minnie, dis-moi enfin : qu'est-il arrivé à Samuel ?

 

 

 

 


    - Si tu veux investir dans les surnoms, Maman, appelle-moi Milly, lui crachai-je en repartie. Tu sais très bien que j'ai toujours détesté que tu m'appelles Minnie, et pourtant, tu continues de l'utiliser ! On dirait que tu le fais exprès !
    - Très bien, mais n'oublie pas que ton prénom est Minerva, et le surnom le plus proche de ce prénom est Minnie, argumenta-t-elle, sur la défensive. Alors, Milly, qu'est-il arrivé à Samuel ?

 

 

 


    - Il est amnésique, me décidai-je enfin. Les dernières années de sa vie sont carrément sorties de sa mémoire, et par la même occasion ses rencontres lors de ces dernières années. Par conséquent, il m'a complètement oubliée. Mon simple nom n'évoque rien pour lui. Alors maintenant, si tu veux bien, je vais rentrer chez moi, et seule, j'en ai besoin. Au revoir, Maman.

 

 

 

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- 14 -  posté le lundi 14 avril 2008 14:09

 

 



    Je sortis de la voiture et m'engageai dans une allure rapide vers l'entrée de la maison que je partageais avec Samuel. Une fois que j'eus fermé la porte, je pris appui contre celle-ci, épuisée par cette soirée plus qu'éprouvante. J'entendis le moteur de la voiture de ma mère démarrer, et je me dirigeai vers le salon.



    Je regardai un instant les affaires de Samuel qui traînaient, et me remémorai notre conversation avant de partir pour la soirée qui avait détruit nos vies. En grande maniaque, je lui avais reproché, une fois de plus, de laisser constamment traîner ses affaires partout dans la maison. Il m'avait promis qu'il rangerait en rentrant...





    C'est à ce moment précis que je pris conscience de tout ce que j'avais perdu. Si Samuel avait perdu la mémoire, je n'avais plus aucune raison de songer à mon mariage. Tout était fini. Tout. Je me laissai tomber sur le canapé et éclatai en sanglots, poussant des gémissements de douleur et de tristesse. Tout était fini.

 

 


 

 

Voilà donc comment s'achève la seconde mise à jour !

J'espère que ça vous a plu ! {#}

Je sais bien que la fin de cette màj ne laisse pas place à beaucoup de suspens, mais plutôt de tristesse, mais bon, on fait comme on peut !

Pour ce qui est des textes, je sais qu'il y a plusieurs paragraphes très longs, mais je pense qu'une histoire de Sims, c'est avant tout une histoire, et pas un album photos ! {#}

Allez, rendez-vous à la prochaine màj !

Bisous  {#}

 


P.S : Je suis désolée pour la qualité médiocre des dernières images, mais je vous assure que j'ai vraiment fait tout ce que j'ai pu pour les améliorer !

 

 

 

 Edit du 12 Mai :

Prochaine màj mercredi, désolée pour ce retard ! {#}

 

 

 

 

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- 15 -  posté le lundi 12 mai 2008 20:08

 

 


Hannah

    La sonnerie retentit dans un bruit strident, et je me précipitai vers la porte d'entrée, sachant par avance qui serait planté derrière celle-ci.
    - Pile à l'heure ! lançai-je sur un ton empli d'un enthousiasme exagéré à l'intention de Milly.

 

 

 

 

    Mais mon objectif visant à remonter le moral de celle-ci ne fut pas atteint, puisqu'elle semblait visiblement décidée à montrer combien elle était déprimée. Ce qu'elle ne savait pas, c'est qu'en tirant cette tête de six pieds de long, elle faussait également le moral de toutes les personnes qui avaient le malheur de se trouver à moins de dix kilomètres d'elle. Mais je jugeai qu'il était préférable pour moi d'enfouir au plus profond de moi mes pensées afin de ne pas aggraver davantage la situation déjà chancelante...

 

 

 

 

    - Bon, eh bien... viens, on va mettre tes affaires dans la chambre de Jude...


    A l'instant où j'aperçus le visage blasé et dépité de Milly, je compris que cette expérience durant laquelle j'allais habiter avec elle n'allait pas être une partie de plaisir tous les jours, du moins pas au début. Et je savais également que cette situation n'allait pas changer de sitôt, et que je devrais faire d'énormes efforts pour ne pas me suicider face à la maniaquerie et au caractère lunatique de Milly, auxquels venaient maintenant s'ajouter un moral à zéro, qui plus est...

 

 

 

 

    Quelques heures plus tard, après avoir rempli les placards des affaires encombrantes et bien souvent inutiles - à mes yeux - de Milly, nous étions toutes les deux assises dans la cuisine, à siroter notre café. Il régnait dans l'atmosphère un silence de cathédrale, et ce n'était pas moi qui allais m'en plaindre. En effet, j'adorais le silence, c'était pour moi un synonyme de paix. Mais malheureusement pour moi, le sort n'était pas décidé à m'accorder un instant de calme d'une durée supérieure à dix minutes, aujourd'hui...

 

 

 

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